Par Stacy Vogel Davis et Matt Howard, The Water Council
Lorsqu’on pense à la durabilité dans les sites sportifs et de divertissement, l’eau n’est peut-être pas le premier sujet qui vient à l’esprit. Bien sûr, l’eau potable est essentielle pour les sites, les fournisseurs et les spectateurs pour boire, assurer l’hygiène, nettoyer et plus encore. Mais les sites font également face à des menaces croissantes liées au ruissellement, aux inondations et à d’autres risques physiques liés au climat qui affectent leurs opérations et leurs primes d’assurance. Ensemble, ces enjeux et risques liés à l’eau placent la gestion hydrique au premier plan des priorités pour bâtir des opérations plus résilientes.
Comme l’a souligné la Green Sports Alliance dans son rapport « All Sports Are Water Sports » : « Les sites sportifs et de divertissement sont des lieux naturels de rassemblement pour nos communautés… inextricablement liés aux écosystèmes plus larges et aux bassins versants dans lesquels ils se trouvent. » Lorsqu’elle est utilisée comme stratégie d’adaptation climatique, la gestion hydrique offre aux équipes et aux sites l’occasion de renforcer leur résilience, réduire leurs coûts, améliorer leur réputation et sensibiliser le public.
Mais la gestion hydrique — définie comme l’utilisation de l’eau d’une manière socialement et culturellement équitable, écologiquement durable et économiquement bénéfique — varie selon la localisation et les usages d’un site. Certains sites, particulièrement dans l’ouest des États-Unis, font face à la rareté de l’eau et à l’obligation de la conserver. D’autres sont confrontés à un risque élevé d’inondation ou à des exigences strictes pour éliminer les contaminants des eaux usées.
La plupart feront face à une combinaison de défis. C’est pourquoi une première étape essentielle consiste à comprendre les usages, impacts et risques hydriques propres à chaque site afin de maximiser l’impact d’un plan de gestion de l’eau. Cet article présente des exemples d’actions menées par des équipes comme le Miami Heat et les Chicago Cubs, ainsi que des conseils pour lancer votre démarche de gestion hydrique.
Le Heat, en Première Ligne de la Gestion de l’Eau
Le Miami Heat est depuis longtemps un leader du sport durable — et pour cause : sa localisation à l’extrême sud de la Floride le rend particulièrement vulnérable aux impacts du changement climatique, notamment la montée du niveau de la mer, les phénomènes météorologiques extrêmes et l’intrusion d’eau salée dans les ressources d’eau potable.
En 2009, le Kaseya Center du Heat (anciennement AmericanAirlines Arena) est devenu l’une des premières arènes du pays à obtenir la certification LEED. Le site dispose d’installations de plomberie efficaces, de réseaux d’eau potable et non potable pour l’irrigation et l’entretien, ainsi que d’aménagements paysagers durables. Le Heat invite également les écoles locales à réduire leur consommation d’eau et d’énergie grâce à son défi annuel « How Low Can You Go? ».
En mai 2025, l’équipe a annoncé un partenariat avec A1rwater, une entreprise des Émirats arabes unis spécialisée dans la production d’eau à partir de l’air. Elle capte l’humidité de l’air pour produire de l’eau, vendue dans des bouteilles en verre ou des canettes en aluminium au Kaseya Center et dans le monde entier.
De l’Abondance à la Rareté de l’Eau
Les Chicago Cubs collaborent depuis 2015 avec Sloan, une entreprise de plomberie commerciale, pour installer des équipements économes en eau et mettre en œuvre d’autres initiatives de gestion hydrique à Wrigley Field, dans le quartier environnant et dans leur centre d’entraînement de printemps à Mesa, en Arizona.
En tant que Partenaire Officiel de l’Efficacité Hydrique des Chicago Cubs, Sloan détient les droits de nom de leur stade d’entraînement. Sloan Park est une véritable vitrine technologique, intégrant divers produits Sloan qui fonctionnent ensemble pour offrir un système hygiénique, sans contact et très efficace, réduisant la consommation d’eau de plus de 30 %. C’est crucial à Mesa, considérée comme l’une des zones les plus touchées par le stress hydrique aux États-Unis.
La ville natale des Cubs, située au bord du lac Michigan, dispose d’abondantes ressources en eau douce, mais elle porte aussi la responsabilité de protéger cet atout et de gérer des volumes croissants d’eaux pluviales en raison du changement climatique. Elle y parvient grâce à des toits végétalisés, au captage des eaux de pluie et à un ensemble d’infrastructures vertes et grises.
Premiers Pas
Dans chacun de ces cas, comprendre les usages et impacts hydriques propres au site, ainsi que les risques inhérents aux bassins versants environnants, a été essentiel pour maximiser l’impact de la gestion de l’eau. La diversité des défis et la nature locale de la ressource en font un sujet complexe. Une approche uniforme n’est pas adaptée.
Heureusement, de plus en plus de ressources sont disponibles pour les équipes et sites cherchant à lancer ou renforcer un plan de gestion hydrique. Par exemple, le World Wildlife Fund et le World Resources Institute proposent des outils gratuits pour aider les entreprises à identifier leurs risques liés à l’eau. SCS Global Services, un leader mondial de la vérification indépendante des déclarations de durabilité, a récemment introduit une norme de certification pour la gestion et la résilience hydriques à l’échelle d’un site, aidant les organisations à maximiser leurs efforts localement.
La suite WAVE de The Water Council cible la gestion de l’eau au niveau organisationnel, offrant les seuls programmes vérifiés couvrant la gestion hydrique à l’échelle de l’entreprise. Les participants sont soumis à une vérification indépendante par SCS Global Services, démontrant qu’ils priorisent l’action hydrique là où elle compte le plus pour bâtir une opération plus résiliente.
À mesure que le changement climatique intensifie les défis liés à l’eau partout au pays — des inondations à la rareté —, la nécessité d’une gestion hydrique réfléchie devient plus importante que jamais. Les sites sportifs et de divertissement ont une opportunité unique de montrer l’exemple, de sensibiliser à la nécessité d’agir tout en renforçant leur propre résilience. Une victoire pour tout le monde.















